Jean Poton de Xaintrailles

Aujourd’hui le village de Xaintrailles s’écrit tel que nous le connaissons, mais au cours des siècles on en trouve différentes orthographes.

C’est ainsi qu’on le trouve, au XIIIème siècle, écrit Saintrailles ou Sainte-Arailhe, ou encore Saintaralha ou Sancta-Ralha en Occitan.

A la fin du XIIIème siècle, une ordonnance Royale, indique dans le liste des Seigneur de l’Agençais, le nom de Bertrand de Sainctaraille, qui, en compagnie de Podiot-Lobaut tient en fief, du suzerain Anglais, le château de Sainctaraille avec ses dépendances.

Au XIVème siècle, on trouve Bertrand de Sentraille inscrit sur la liste des Seigneurs devant obéissance au roi d’Angleterre.

Qui était Poton de Xaintrailles?

Le Seigneur Fort-Sanche de Sancta-Ralha, personnage important du royaume au service du Roi de France à la fin du XIVème siècle, épouse en 1380 Edie de Rocqueys , soeur de Raymond de Rocqueys, Archevêque de Bordeaux. Ils donnèrent naissance à deux garçons, Jean de Xaintrailles. Jean Poton né en 1395, qui fut par la suite l’intrépide compagnon de Jeanne d’Arc, valeureux champion de la cause française et trois filles, Thérèse, Clairette et Beatrix.

A la mort de Fort-Sanche, Jean reçu les Seigneuries de Saintrailles et d’Ambrus et Jean Poton celle de Villeton. En 1432, au décès de son frère ainé, il hérite de ses biens.

Son premier fait d’arme connu date de 1418 où il défend sous les ordres de Pierre de Saintrailles, sans doute un parent, le Château Royal de Coucy dans l’Aisne (Hauts de France) livré à l’ennemi par la trahison d’une chambrière.

Avec son ami La Hire, ils prièrent leur revanche sur le Parti Bourguignon, quelques jours plus tard, battant le Seigneur de Longueval et une autre fois contre Hector de Saveuse.

Il fut fait plusieurs fois prisonnier, malgré ses nombreuses victoires et rachetait sa liberté au prix de fortes rançons.

Il participa à de nombreux tournois et champs clos. On connait le célèbre combat singulier entre Poton et le redoutable Lyonnel de Vendôme, en 1423 à Arras, combat stoppé par le Duc de Bourgogne, sans grands dommages pour les deux belligérants. En 1424, on le retrouve à la Journée de Verneuil, à la tête de la Cavalerie Lombarde, où il reforme rapidement les troupes dispersées pour les regrouper et s’enfermer dans Orléans où il est grièvement blessé lors de la journée des Harengs.

Ce »guerrier Gascon », bien qu’inculte se révéla fin stratège et fin politique pour se hisser au rang des plus grands Capitaines.

Avec son ami La Hire, ils réussissent à convaincre Charles VII, réfugié à Chinon, de prendre la tête des Troupes.

« Un jour que La Hire et Poton

Le vinrent voir, pour festoiement

N’avait qu’une queue de mouton

Et deux poulets, tant seulement »

Après l’abandon du siège d’Orléans par les Bourguignons, suite à un désacord sur le sort de la ville, entre le Duc de Bourgogne et le Régent Anglais, la ville reste sous la menace Anglaise.

« Mais la jeune vierge de Domrémy est arrivée sur les bords de la Loire et, désormais, tout va être changé, le destin de la Guerre et de l’Histoire, l’âme aussi de ces rudes guerriers. »

Le petit seigneur et chevalier des Landes Gasconnes, est devenu l’un des plus hauts personnages du Royaume, déjà grand Ecuyer du Roi, Poton recevra successivement les titres de Bailli du Berry, Maître Gardien de la grosse tour de Bourges, Capitaine de Falaise et de Château Thierry, Seigneur de Tonneins et de Saint Macaire, Sénéchal des Bordelais et du Limousin et de Maréchal de France, au titre duquel il obtint comme résidence le Château Trompette, que le Roi venait de faire construire à Bordeaux. Roi qui mis dans sa corbeille de noces « 4000 écus et la permission de rebâtir la Place de Salignac » qu’il occupa avec son épouse Catherine Brachet, fille de Jean Seigneur de Perusse et de Marie de Vendôme.

Dans le but d’étendre son influence dans son Pays Natal, il acheta à Jean V d’Armagnac, pour 10 000 écus d’or, le Vicomté de Brulhois.

Son dernier fait d’arme :
A la tête des troupes Royales, il marche la mort dans l’âme contre son allié de toujours, Jean V, dont la politique inquiétante et les meurs scandaleuses ont irrité la couronne. Il s’empare de Lectoure « après un long siège permettant (peut-être) à Jean V de s’évader pour gagner l’Espagne avec l’incestueuse Isabelle ».

A la mort de Charles VII, 22 juillet 1461, Poton de Xaintrailles tombe en disgrâce mais reste mâitre de toutes ses terres et garde le gouvernement de Bordeaux.

Sans postérité directe, il fait rédiger par Jean Guichard, notaire Royal, le 11 août 1461, son testament de 23 pages dans lequel il lègue 1000 écus d’or pour ses obsèques et anniversaire et distribue le reste en partie au couvent des Frères Mineurs de Nérac où il entend être enterré, à certaines paroisses et églises dont celles de Xaintrailles, Villeton, Lagruère, Tonneins entre autres.

Il n’oublie personne dans ses legs, notamment son épouse à laquelle il lègue le Château de Salignac, les logis de Tonneins, Lagruère, Grateloup, Galapian et l’usufruit des Seigneuries de Saintrailles, Ambrus, Caubeyres, Villeton, le Moulin de Damazan et la propriété de tous ses biens meubles.

Il décède moins de deux mois plus tard, au Château Trompette, le 7 octobre 1461.

Les commentaires sont fermés.

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :